Au Bistro…

background-bottle-bottle-stoppers-36015

Au bistro Chez Mariette « Les gigolos d’un nouveau genre»(1)

Mariette: Alors vous me racontez? Comment on en arrive là? Qui commence? Daniel? Dominique? Laurent?

Dominique: Je veux bien commencer si ça ne vous gêne pas…

Laurent: Vas-y, de toute façon on va tous y passer. On l’a promis à Mariette… c’est une chouette dame, elle au moins ne nous juge pas.. Vas-y on te suit, si Daniel n’est pas contre?

Daniel: Vas-y Dominique, Vas-y, on t’écoute. Je sens qu’on va bien s’amuser, vas-y on t’écoute…

Dominique: C’était pour m’amuser au début…ça avait l’air drôle… Quand j’étais au lycée, les filles me trouvaient joli garçon… Elles étaient prêtes à se mettre en quatre pour obtenir un rendez-vous avec moi. Je n’ai jamais su pourquoi je leurs plaisais autant… Pourtant, il y avait des garçons beaucoup plus mignons que moi… Je crois que c’était parce que j’étais le fils du gouverneur; oui ça devait être pour ça… Maintenant ça me revient, c’était plus pour ça que pour autre chose… Du coup, je ne savais pas si c’était juste par intérêt… Ça m’a perturbé pendant longtemps… J’en ai voulu à quelques-unes… D’ailleurs, je me comportais tellement mal quelques-fois, pour voir si elles avaient un peu de dignité, un peu d’amour-propre, pour me remettre à ma place… Mais j’avais l’impression que plus je me comportais mal, plus elles m’aimaient…

Je crois que c’est là que j’ai perdu tout respect pour les femmes en général… Je leurs faisais le reproche de ne pas m’aider à me fixer des limites… À chaque fois que je les débordais, elles me le pardonnaient… Tu sais Mariette, c’est violent pour un adolescent quand on lui donne l’impression qu’il peut tout se permettre… Il n’y a plus de limites, et il passe sa vie à les chercher… Il est vraiment en souffrance… J’étais vraiment en souffrance…

Je me rappelle quand j’étais en première, je sortais avec deux filles à la fois… C’était plaisant, mais j’avais de la peine pour elles en même-temps… Chacune d’elle devait à tour de rôle, venir laver ma tenue de classe le samedi à ma place… À cette époque, mes parents étaient séparés… donc je vivais à Bafoussam, seul avec mon père… Il n’était pas meilleur que moi… Je voyais trainer toutes sortes d’étudiantes à la maison… Bref, j’étais dans la chambre avec Suzie, lorsque Christelle est arrivée. Elle nous a trouvé au lit les deux… Je voyais bien qu’elle avait mal, mais elle essayait de cacher sa douleur. Elle m’avait demandé où était ma tenue. J’avais pointé du doigt l’endroit où elle pouvait la trouver… Elle l’avait prise, et était allée la laver pendant que je continuais de m’occuper de Suzie… Je l’ai détesté ce jour… c’était ma préférée… J’aurais voulu qu’elle exprime son chagrin, sa douleur, qu’elle me sermonne, qu’elle me crie toutes sortes de choses au visage, ou encore, qu’elle claque la porte et me dise « ça suffit maintenant! j’en ai assez! »… J’aurais tout arrêté avec Christelle, et je l’aurais suivi… je l’aurais rattrapé… Je me serais battu pour la garder… Mais tu vois Mariette, en agissant ainsi, elle perdait sa valeur à mes yeux… Et moi, je ne m’aimais pas non plus… Je n’aimais pas ce que je leurs faisais subir, mais j’avais besoin qu’elles m’aident à m’arrêter…

Je n’ai jamais vraiment travaillé tu sais… J’avais à peine ouvert ma bouche pour réclamer que déjà, tout m’était offert… Pas une seule fois, je n’ai pas obtenu ce que je voulais de mon entourage… Je savais que mes parents me passeraient toujours tout… qu’ils auraient maugréer, mais finalement, j’aurais eu gain de cause… Tu te rends compte Mariette, même pas mes parents n’arrivaient à me fixer des limites! Et moi, je poussais le bouchon,  toujours un peu plus chaque jour…

Quand je suis arrivé à la Fac, les choses se sont un peu plus compliquées pour moi… Que je sois le fils du gouverneur, ou un mignon garçon n’avait plus vraiment d’importance. Les filles savaient un peu plus ce qu’elles voulaient. Les plus intéressées ne voulaient pas sortir avec un garçon un peu paresseux, un garçon qui voulait qu’on lui fasse sa lessive, parce qu’il était le fils du gouverneur… Non, plus aucune fille à la fac ne se laissait embobiner par ça… Les plus intéressées préféraient sortir avec le gouverneur lui-même, plutôt que de sortir avec son fils… Elles allaient se faire dorloter par mon père qui était fasciné par leur jeunesse, et qui les gâtait. L’argent n’était pas ce qui lui manquait le plus… (à suivre…)

 

*********************************************

 

beverage-book-breakfast-900111

Au bistro Chez Mariette « Les gigolos d’un nouveau genre» (2)

Mariette: Alors tu continues de nous la raconter ton histoire?

Dominique: Oui oui, bien sûr …  Je disais qu’à la fac, la plupart du temps, les filles aiment pour ce qu’on est, et elles ne viennent pas indéfiniment te faire ta lessive, surtout si elles ont l’impression que la relation est déséquilibrée. Si elles donnent plus que ce qu’elles reçoivent, ou si elles ont l’impression de donner plus que de recevoir, elles se lassent… Moi je n’ai jamais appris à donner… Tu vois une peu Mariette… J’ai toujours reçu, et je choisissais même de qui recevoir… Tu comprends la douche froide que cela a été pour moi une fois à la Fac!

C’est là que j’ai réalisé que non seulement je n’étais pas si mignon, que mon statut de fils de gouverneur me servait moyennement, et que de plus, je n’étais pas un si bon coup que ça… J’avais une assurance injustifiée… Je réalisais qu’au lycée, la plupart des filles simulaient lorsqu’elles étaient au pieu avec moi … Tu comprends Mariette, c’est violent comme douche; une douche même pas froide, mais glaciale… Je m’étais laissé avoir par le fait que les filles que je choisissais me rassuraient… Tu parles! Mariette, elles m’ont bien eu… Et comme disait ma mère, « à bon chat bon rat… »

Bref, je ne savais pas draguer, je n’étais pas un bon coup, et j’avais plus appris à recevoir qu’à donner jusqu’à la fac… Heureusement pour moi, je n’étais pas si mauvais à l’école… Je savais que si j’obtenais mon diplôme de Licence, mes parents m’auraient envoyé à l’étranger, et je n’aurai de nouveau plus eu besoin de draguer. Le fait de vivre à l’étranger allait me permettre de chopper les filles du quartier pendant les vacances, au pays… Mais en attendant d’aller à l’étranger, j’avais besoin de vivre ce que j’avais toujours connu… « Les filles qui se mettaient en quatre pour sortir avec moi… » Je me suis donc tourné vers les femmes mariées… Elles étaient moins « fraiches », mais beaucoup plus intéressantes… Leurs maris se tournaient vers les jeunes étudiantes; du coup, je pouvais aller me faire choyer chez elles… Un regard, une petite aide au marché lorsqu’elles faisaient leurs courses, une invitation à boire un verre, et c’était parti… Je n’avais plus besoin de faire plus. Elles trouvaient elles-mêmes les hôtels qu’elles payaient… bon coup ou pas, ma jeunesse leur faisait du bien… J’étais propre sur moi, et je les faisais rêver… Pour finir, elles m’achetaient des fringues de qualités… Elles faisaient ma lessive qu’elles envoyaient au pressing, avant de me donner quelques-fois, un peu de sous; bien que je n’en avais pas spécialement besoin… Mais tu sais Mariette, on n’en a jamais assez de l’argent…

Je sortais avec trois femmes mariées à la fois… Inutile de vous dire qu’elles s’en fichaient de n’être pas seules, tant que je les insérais dans mon agenda… Aie! J’étais bien les gars!… Aucun reproche, toutes toujours contentes de me revoir, et moi qui n’apprenait rien des femmes entre-temps… Je vous assure, je suis resté un grand enfant! …

Après, j’ai dû partir à l’étranger… Tu parles! On m’avait dit que les blanches étaient faciles, et qu’elles fantasmaient toutes sur des noirs… Je n’étais pas à leur goût visiblement!… Pas assez sauvage… La seule qui m’ait dragué m’a trouvé nul au pieu… Vous imaginez un peu ma tête!… En plus, c’était à la sortie de la boite… Elle avait besoin d’un peu de chaleur… On était allé chez elle… bon… moi j’avais l’habitude de recevoir, et non pas de donner, donc c’était pareil au pieu… J’attendais qu’elle fasse tout le travail… Vous vous imaginez la blanche… Avec tout ce qu’on lui avait raconté sur les noirs… et moi qui était habitué à ce qu’on me tourne ça… Mariette j’étais glacé… Heum! Vous ne pouvez pas savoir les gars…

Bref moi-même j’ai fui par la suite… Je me suis retrouvé avec mes sœurs… Tu parles! Est-ce que j’étais encore le fils du gouverneur alors!… Je me battais comme elles… Elles, tout ce qu’elles cherchaient, c’était soit un bon coup, soit quelqu’un qui les permettrait de sécuriser leurs papiers… Les gars, là aussi c’était chaud… Je n’étais pas à la hauteur… Je me suis retourné vers les sœurs qui étaient avec les pépères… Je me suis mis avec une qui avait signée sur moi (une qui ne voulait plus me lâcher), mon frère! … La fille me tournait les choses-là si bien que j’avais oublié où j’étais (elle me faisait beaucoup de bien)… J’ai dis, je signe ici, ma mère n’a qu’à se fâcher… que moi je tcha les restes du pépère  … Je vais jouer jusqu’à la fin de mes études, avant de tracer au pays…  (Je me suis dit qu’importe l’opinion de ma mère sur ma relation, je n’irai nul part, et ceci jusqu’à la fin de ma formation, et mon retour au pays; même si elle appartenait à un autre).

Je pensais être le plus malin de nous deux… La fille était plus sensée que moi… Elle n’en pouvait plus de son pépère. Elle voulait trouver le moyen de fuir avec un jeune sans trop de casse… Elle savait que si je rentrais au pays, elle avait toutes ses chances de décrocher un emploi en se servant des relations de mon père; et que si je restais en Europe, elle pouvait faire sa vie ici avec moi. Elle était à la recherche d’un jeune encore fort qui l’aiderait à élever des enfants… Elle était même prête à travailler, et à me nourrir… Je vous assure les frères, moi paresseux de mon état, je n’avais rien vu venir…

La go m’a fait un mouna dans le dos (La fille m’a fait un enfant dans le dos) mon frère… J’ai ask qu’elle mouff les way fatigué, rien (Je lui ai demandé d’interrompre la grossesse sans succès)… La go avait déjà fait ses plans sur l’enfant du gouverneur (Elle ne tenait pas à revenir en arrière, et avait prémédité son coup)… Elle m’avait eu… Elle prenait les do chez son pépère, et me giait, et moi je tchayais… j’avais l’autre? Que je fabrique!… (Elle me tenait avec l’argent que lui donnait son pépère. J’étais fauché, et je ne m’embarrassais de les prendre). Elle m’avait même bay une petite bougna pour go au school (elle m’avait même offert une voiture pour aller à l’école)… J’étais un prince mes frères… De temps en temps, elle payait mon loyer… La fille te met dans un confort, et tu n’as pas le temps de voir venir les choses… J’étais bien… En plus, elle cuisinait bien… Elle me servait comme je voulais, et quand je voulais. La go tournait la chose-là mon frère! (elle avait du tact, et était généreuse)… Elle me faisait à manger, et je partais à l’école avec la voiture qu’elle m’avait acheté … Vous voyez un peu?…

Quand elle m’a dit qu’elle était enceinte de moi, j’ai confirmé le code (je suis tombé des nu lorsqu’elle a dit attendre un enfant de moi), les gars… J’ai marché ici comme un fou (j’étais perdu)… La go ne me calculait plus (je n’existais plus pour elle)… Elle ne me cherchait plus… Dès que je lui ai dis de mouff les way, elle ne me cherchait plus (dès que je lui ai parlé d’interruption, elle a coupé les ponts)… Elle savait que fait quoi fait quoi, un jour un jour, j’aurai voulu savoir ce que cet enfant devient ( Elle avait misé sur le fait qu’un jour ou l’autre, l’enfant m’aurait manqué)…

La go m’avait finté grave (elle s’était servi de moi)! Elle avait « acheté » son géniteur, pendant que je dormais, et que je croyais être l’esprit dans l’histoire mon frère, j’étais sa chose! ( Elle m’avait doublé, pourtant je croyais être le plus malin des deux)… Moi qui ne m’étais jamais occupé de personne, j’allais devenir papa! Moi qui n’avais jamais grandi, j’allais devenir papa!… Moi qui aimais être l’enfant, j’allais devenir papa!… Elle m’a tracé jusqu’à ce que l’enfant naisse (elle n’a plus fait signe de vie jusqu’à la naissance du bébé)… Son pépère l’avait entretemps mis à la porte à cause du mouna ( Son pépère l’avait mis à la porte à cause du bébé). Est ce qu’elle avait alors un PB! (Elle l’avait bien évidemment envisagé)… Elle gérait sa chose avec le social, et son petit job de serveuse dans un bar le soir… (Elle vivait désormais du social, et de son job de serveuse)… Et ses copines gardaient le petit pendant qu’elle bossait…( à suivre…)